Cette grand-mère alsacienne révèle sa recette culte de beignets du carnaval, dorés, fondants et croustillants

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Il suffit parfois d’une casserole qui frémit, d’un nuage de sucre glace et d’un parfum de beurre chaud pour que tout remonte. Une cuisine un peu embuée, des rires, des doigts collants. Ces beignets du carnaval alsaciens, dorés, fondants et croustillants, ont ce pouvoir-là. Aujourd’hui, une grand-mère d’Alsace accepte enfin de “tout dire” sur sa recette culte… à condition que vous la transmettiez à votre tour.

Une tradition alsacienne qui sent bon le carnaval

En Alsace, le carnaval ne commence pas avec les confettis. Il commence avec la pâte qu’on pétrit et l’huile qui chauffe doucement. Chaque famille a ses fasnachtkiechle ou ses schankala, ces beignets typiques qu’on prépare à la fin de l’hiver.

Ils sont simples. Pas besoin de robot compliqué ni d’ingrédients rares. Mais ils ont un secret. Ils se font à plusieurs, autour de la table, avec des mains qui roulent, qui découpent, qui goûtent la pâte crue du bout du doigt.

La grand-mère dont on s’inspire ici répétait toujours la même chose : “Prenez votre temps, mais pas trop. La pâte doit vivre, pas s’ennuyer.” Vous allez voir, c’est exactement l’esprit de cette recette.

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Ingrédients pour environ 20 beignets

Avec ces quantités, vous obtenez environ 20 beaux beignets, bien dodus, parfaits pour un goûter de carnaval.

  • 500 g de farine (T45 ou T55)
  • 3 œufs moyens
  • 60 g de sucre en poudre
  • 80 g de beurre fondu et tiédi
  • 1 sachet de levure chimique (≈ 11 g)
  • 1 pincée de sel
  • 30 à 60 ml de lait (2 à 4 c. à soupe), selon la texture de la pâte
  • ou 30 ml d’eau-de-vie (mirabelle, quetsche ou kirsch) pour la version traditionnelle
  • 1 l d’huile neutre pour la friture (tournesol ou arachide)
  • Sucre glace pour saupoudrer généreusement
  • Optionnel : 1 sachet de sucre vanillé ou 1 c. à soupe d’eau-de-vie de quetsche ou de kirsch pour parfumer davantage

Déjà ici, un petit choix s’impose : lait ou eau-de-vie. Avec le lait, les beignets sont très doux. Avec l’eau-de-vie, ils ont ce parfum un peu ancien, très “grand-mère alsacienne”. À vous de voir ce qui vous ressemble le plus.

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Préparation pas à pas, comme chez grand-mère

La recette est très accessible. Même si vous n’êtes pas à l’aise avec la friture, en suivant ces étapes, vous allez réussir. Prenez un tablier, mettez une musique que vous aimez, et lancez-vous.

1. Préparer et pétrir la pâte

  • Dans un grand saladier, versez 500 g de farine, le sachet de levure chimique, les 60 g de sucre, éventuellement le sucre vanillé, puis la pincée de sel.
  • Mélangez rapidement à la cuillère pour bien répartir la levure.
  • Ajoutez les 3 œufs et les 80 g de beurre fondu tiédi.
  • Commencez à mélanger avec une cuillère en bois ou avec la main. La pâte est encore un peu sèche, c’est normal.
  • Ajoutez ensuite le lait ou l’eau-de-vie, une cuillère à soupe à la fois. Ne versez pas tout d’un coup. Dès que la pâte forme une boule souple qui se détache des parois, arrêtez.
  • Pétrissez ensuite à la main pendant 5 à 8 minutes. La pâte doit devenir lisse, légèrement élastique, agréable au toucher.
  • Couvrez le saladier avec un torchon propre. Laissez reposer la pâte 30 minutes à température ambiante.

Ce temps de repos change tout. La pâte se détend, prend du goût. C’est un peu comme si elle se préparait elle aussi à faire la fête.

2. Étaler et façonner les beignets

  • Farinez légèrement votre plan de travail. Posez la boule de pâte et aplatissez-la doucement avec la paume de la main.
  • Avec un rouleau, étalez la pâte sur 8 mm à 1 cm d’épaisseur. Plus elle est épaisse, plus les beignets seront moelleux.
  • Pour des fasnachtkiechle : découpez des bandes, puis des losanges à l’aide d’un couteau ou d’une roulette à pâtisserie.
  • Pour des schankala : taillez de petites bandes, puis roulez-les en boudins entre vos mains.
  • Déposez chaque pièce de pâte sur un torchon légèrement fariné. Laissez-les reposer encore 10 à 15 minutes pendant que vous préparez l’huile.

Ce petit repos sur le linge fait une grande différence. La pâte “respire”, gonfle un peu. Vos beignets seront plus légers, moins compacts.

3. Réussir la friture sans stress

  • Versez environ 1 litre d’huile dans une grande casserole ou une friteuse. Chauffez à feu moyen.
  • Si vous avez un thermomètre, visez 170 à 180 °C. Sinon, faites tomber un tout petit morceau de pâte dans l’huile. S’il remonte rapidement avec de fines bulles, la température est bonne.
  • Plongez quelques beignets à la fois. Ne remplissez pas trop la casserole pour garder une température stable.
  • Laissez dorer 1 à 2 minutes par face. Retournez-les à mi-cuisson avec une écumoire.
  • Quand ils sont bien dorés, sortez-les et posez-les sur du papier absorbant. Laissez égoutter.
  • Quand ils sont encore tièdes, saupoudrez généreusement de sucre glace.

La première fournée sert souvent de test. Vous pourrez ajuster le temps de cuisson ou la température. Après deux ou trois beignets, vous aurez le geste sûr.

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Les secrets pour une texture parfaite

Pourquoi certains beignets sont lourds et gras, et d’autres légers et fondants Il ne s’agit pas de chance. Quelques règles simples font vraiment la différence.

  • Respecter le repos de la pâte : ces 30 minutes avant l’étalage, puis ces 10 à 15 minutes avant la friture, donnent une mie plus tendre et plus régulière.
  • Ne pas trop travailler la pâte après l’étalage : si vous repliez et retravaillez sans arrêt, le gluten se contracte. Résultat, des beignets plus durs.
  • Surveiller la température de l’huile : trop froide, la pâte boit l’huile et devient lourde. Trop chaude, l’extérieur brûle alors que l’intérieur reste pâteux.
  • Égoutter correctement : posez les beignets en une seule couche sur le papier absorbant. Évitez de les empiler tout de suite.
  • Ne pas couvrir à chaud : si vous les enfermez dans une boîte tant qu’ils sont tièdes, la vapeur les ramollit et le croustillant disparaît.

Avec ces quelques gestes, vous obtenez cette alchimie si recherchée. Une croûte légère qui croustille à la première bouchée, puis une mie douce, presque aérienne.

Comment servir et conserver vos beignets de carnaval

En Alsace, on déguste souvent ces beignets tièdes, quand ils sont au meilleur de leur texture. Ils arrivent à table dans un grand plat, recouverts d’un voile de sucre glace, et disparaissent plus vite qu’ils n’ont été préparés.

  • Servez-les avec un chocolat chaud épais, un café léger ou un thé fruité.
  • Pour une touche très traditionnelle, proposez-les à côté d’une soupe salée. Le contraste sucre-sel surprend, mais il réchauffe vraiment.
  • Juste avant de servir, n’hésitez pas à rajouter un peu de sucre glace si besoin.

Pour la conservation, laissez-les refroidir complètement. Placez-les ensuite dans une boîte en métal ou une boîte hermétique, à température ambiante. Ils restent bons 1 à 2 jours.

S’ils ont un peu ramolli, passez-les 3 à 5 minutes au four doux (150 °C environ). Ils retrouveront une partie de leur croustillant. Surveillez-les pour éviter qu’ils ne sèchent.

Une recette, des souvenirs à transmettre

Préparer ces beignets du carnaval alsaciens, ce n’est pas juste faire un dessert. C’est créer un moment. Les enfants peuvent aider à découper ou à rouler les boudins. Les plus âgés racontent comment, autrefois, on faisait ça pour toute la rue.

Ne cherchez pas la perfection absolue. Un beignet un peu tordu, un autre trop dodu… c’est ce qui rend l’assiette vivante. Et c’est souvent celui-là que quelqu’un choisira en premier.

Vous pouvez ensuite vous approprier la recette. Ajouter un peu plus d’eau-de-vie pour un parfum marqué. Étaler la pâte plus finement pour des beignets plus croustillants. Ou au contraire, garder une belle épaisseur pour le moelleux.

Essayez cette recette un matin de carnaval, un mercredi avec les enfants, ou un dimanche pluvieux où la maison a besoin de chaleur. L’odeur de friture douce et de sucre glace remplira la cuisine. Et peut-être qu’un jour, ce sera vous, la “grand-mère alsacienne” ou le “grand-père gourmand” qui transmettra cette recette culte autour de la table.

Pauline Roussel
Pauline Roussel

Je suis journaliste culinaire et autrice specialisee en gastronomie et cultures alimentaires. Diplomee de l’Institut Paul Bocuse en arts culinaires et management de la restauration, j’ai travaille plus de dix ans entre bistrots parisiens et tables etoilees en France et au Japon. J’ai signe plusieurs chroniques pour des magazines gastronomiques francais et anime des ateliers autour des produits de saison et des cuisines du monde. Ma specialite : raconter le lien entre terroirs, voyages gourmands et art de recevoir a la maison avec precision et simplicite. J’ecris sur Nishikura pour partager des experiences concretes, des adresses fiables et une cuisine du quotidien inspiree mais accessible.

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