Ils poussent comme des champignons et menacent les bistrots de quartier : déjà une ouverture par jour

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Vous l’avez sans doute remarqué sans vraiment mettre de mots dessus. En marchant dans votre quartier, vous croisez plus de latte au lait d’avoine que de verres de rouge au comptoir. Les néons des coffee shops remplacent doucement les enseignes vieillissantes des bistrots de quartier. Et ce n’est pas qu’une impression : à Paris, il s’en ouvre quasiment un par jour.

Coffee shops vs bistrots : que se passe-t-il vraiment dans nos rues ?

Avant, le décor était simple. Un comptoir en zinc, quelques tables en formica, le serveur qui apostrophe les habitués par leur prénom. Aujourd’hui, la même rue aligne bar à cookies, bar à matcha, café de spécialité et concept store où l’on peut acheter un tote bag en attendant son cappuccino.

Selon l’Apur, Paris comptait plus de 10 000 bistrots parisiens dans les années 1950. Il en reste moins de 1 000. Les coffee shops, eux, sont déjà plus de 1 400. Vous lisez bien : ils sont désormais plus nombreux que les bistrots. En toile de fond, un vrai basculement de nos habitudes de consommation.

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Pourquoi les bistrots disparaissent-ils peu à peu ?

On pourrait accuser seulement les nouveaux cafés branchés. Mais la réalité est plus complexe. Les bistrots encaissent une série de chocs : crise sanitaire, inflation, charges qui explosent, clientèle de quartier qui change. Beaucoup n’ont pas les moyens de rénover, de moderniser, de revoir leur carte.

Un autre point, plus sensible, revient souvent. Pendant des années, certains bistrots ont servi un café médiocre et un vin bas de gamme, sans vraiment se remettre en question. Résultat : une génération habituée aux bons produits s’est tournée ailleurs. Vers les cafés où l’on pèse les grains au gramme près et où l’on parle d’arômes de noisette et de chocolat.

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Le boom des coffee shops : ce qu’ils offrent que le bistrot n’a pas

Pourquoi ces cafés de spécialité attirent-ils autant, surtout en ville ? Parce qu’ils collent parfaitement à notre époque. On y travaille, on y prend des photos, on y boit des boissons qu’on peut poster sur Instagram. Tout est pensé pour être joli, calme, confortable. Une bulle dans le chaos urbain.

On y trouve du café de spécialité, du matcha latte, des laits végétaux, des pâtisseries sans gluten. Des tables en bois clair, des plantes vertes, du wifi, des prises électriques. En clair, une extension du bureau pour les télétravailleurs, et un salon cosy pour les étudiants. Le bistrot, lui, reste associé au comptoir, au demi, au café rapide.

Mais que risque-t-on à perdre les bistrots de quartier ?

Derrière la disparition des bistrots, ce n’est pas seulement une carte qui change. C’est une partie de l’âme des quartiers parisiens qui s’efface. Le bistrot, c’était le lieu où le voisin solitaire croisait la mère de famille, où l’ouvrier buvait son café à côté du cadre pressé. Un vrai mélange social.

Le café n’y était pas toujours excellent. Mais on y trouvait autre chose. Des rires un peu trop forts, des discussions politiques à 8 heures du matin, des matchs de foot commentés plus fort que le commentateur. Quand un bistrot ferme et qu’un coffee shop ouvre, cette atmosphère disparaît. Plus silencieuse, plus propre, plus « design » aussi. Mais moins spontanée.

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Coffee shop ou bistrot : et si ce n’était pas le même moment de vie ?

Au fond, peut-être que l’on ne va pas au coffee shop et au bistrot pour la même raison. Un coffee shop, c’est souvent un lieu « pour soi ». Pour travailler, lire, se poser. On commande un latte, on sort son ordinateur, on met des écouteurs. On reste dans sa bulle.

Le bistrot, c’est souvent l’inverse. On y va pour parler. Pour observer. Pour se laisser happer par les conversations des autres, par la vie du quartier. Ce n’est pas toujours confortable, ce n’est jamais parfait. Mais c’est vivant. Et cette part de désordre donne le sentiment d’appartenir à une vraie ville, pas seulement à un décor.

Peut-on réinventer le bistrot sans le dénaturer ?

La bonne nouvelle, c’est que certains s’y essaient déjà. De jeunes restaurateurs reprennent des bistrots fatigués et les transforment en lieux hybrides. On y boit un café de qualité, parfois même de spécialité. On y mange une cuisine simple, bien faite. Et on garde le comptoir, la terrasse, les habitués.

D’autres misent sur le petit-déjeuner, sur une offre de goûter, sur des formules du midi plus légères. Un comptoir peut très bien servir un bon espresso à 1,50 € et un flat white un peu plus cher. Ce n’est pas forcément le choix entre tradition et modernité. C’est la capacité de faire les deux, sans perdre l’âme du lieu.

Et vous, quel café rêvez-vous pour votre quartier ?

Peut-être que dans votre rue, vous avez déjà vu ce glissement. Un troquet fermé, remplacé par un coffee shop minimaliste. Vous y allez parfois. Le cappuccino est bon, la lumière est belle. Mais au fond, il vous manque quelque chose. Le patron qui râle, le serveur qui plaisante, le bruit des pièces sur le zinc.

La vraie question n’est peut-être pas de savoir s’il faut choisir un camp. Mais de se demander quel équilibre nous voulons. Un quartier avec seulement des bistrots figés dans le passé, ce n’est pas souhaitable. Un quartier avec seulement des coffee shops lisses et silencieux, ce n’est pas très réjouissant non plus.

Comment soutenir les lieux qui comptent vraiment pour vous

Votre pouvoir est plus grand que vous ne le pensez. Chaque café que vous prenez est un vote. Un vote pour un type de ville. Un vote pour un style de vie. Si vous tenez à un bistrot de quartier, passez-y vraiment. Même pour un café, une pression, un croque-monsieur rapide.

Et si vous aimez aussi les coffee shops, assumez ce mélange. Alternez. Parlez avec les gérants, dites ce que vous appréciez. Beaucoup cherchent encore leur modèle. Entre la tasse à 1 euro et le latte à 6 euros, il y a de la place pour autre chose. Un café bon, accessible, chaleureux. Où l’on peut boire sur place, discuter, ou emporter.

Vers une cohabitation plutôt qu’une guerre des cafés

Les chiffres impressionnent : un coffee shop qui ouvre chaque jour, moins de bistrots qu’avant, des habitudes qui changent vite. Pourtant, tout n’est pas joué. Les villes évoluent par vagues. Après l’enthousiasme pour le tout nouveau, il y a souvent un retour au besoin d’authentique.

Peut-être que demain, votre lieu préféré sera un bistrot qui fait un excellent latte. Ou un coffee shop où l’on parle fort et où le barista connaît votre prénom. Le plus important, au fond, n’est pas le style du lieu, mais ce que vous y vivez. La conversation qu’il permet. Le temps qu’il vous offre. Et la façon dont il fait battre le cœur de votre quartier.

Pauline Roussel
Pauline Roussel

Je suis journaliste culinaire et autrice specialisee en gastronomie et cultures alimentaires. Diplomee de l’Institut Paul Bocuse en arts culinaires et management de la restauration, j’ai travaille plus de dix ans entre bistrots parisiens et tables etoilees en France et au Japon. J’ai signe plusieurs chroniques pour des magazines gastronomiques francais et anime des ateliers autour des produits de saison et des cuisines du monde. Ma specialite : raconter le lien entre terroirs, voyages gourmands et art de recevoir a la maison avec precision et simplicite. J’ecris sur Nishikura pour partager des experiences concretes, des adresses fiables et une cuisine du quotidien inspiree mais accessible.

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